“Des propos inacceptables : Bruno Retailleau attise la haine contre les femmes musulmanes portant le foulard”
Lors de la réunion intitulée « Pour la République, la France contre l’islamisme », en présence de près de 2000 personnes et de nombreux membres du gouvernement, dont Manuel Valls (ministre des Outre-mer) et Bruno Retailleau (ministre de l’Intérieur), des propos d’une extrême gravité ont été tenus.
Dès sa première intervention, Bruno Retailleau a donné le ton en déclarant :
« Ayons le courage de reconnaître qu’en France, il n’y a qu’un seul communautarisme, un seul séparatisme qui menace la République, c’est l’islamisme. »
Puis, franchissant un cap alarmant, il a scandé : « À bas le voile. »
Cette formule ne relève pas d’une simple critique idéologique : elle constitue une incitation explicite à la haine et à la stigmatisation des femmes musulmanes qui portent le foulard, en les désignant comme une menace à éliminer. En reprenant une rhétorique évoquant les slogans les plus violents de l’Histoire, Bruno Retailleau ne se contente pas d’alimenter une polémique : il attise un climat de rejet et de discrimination.
Aux multiples restrictions visant déjà à marginaliser les femmes musulmanes portant le foulard sur le plan social et économique, le ministre de l’Intérieur ajoute désormais une cible symbolique en les désignant publiquement comme objets d’hostilité. Une telle déclaration, provenant d’un représentant de l’État chargé de garantir la sécurité et l’égalité de tous, est inacceptable.
Plutôt que de défendre la neutralité de l’État et la protection des libertés individuelles, Bruno Retailleau participe à la désignation d’un “ennemi intérieur”, un procédé historiquement utilisé pour justifier des politiques d’exclusion.
Ces déclarations s’inscrivent dans une logique de discrimination systémique qui rappelle les mesures prises au XXe siècle contre les Juifs en France, où l’État organisait progressivement leur exclusion sociale et politique.
Aujourd’hui, les femmes musulmanes portant le foulard sont les premières victimes de cette dérive : elles subissent depuis plus de 40 ans une propagande hostile et des politiques liberticides réduisant leur place dans l’espace public.
Lorsque de tels propos sont tenus par un ministre de l’Intérieur, ils dépassent le cadre de l’opinion individuelle : ils engagent l’État et légitiment un discours de haine, en contradiction totale avec les principes de laïcité, de neutralité et d’égalité garantis par la Constitution française.
Face à la gravité de ces déclarations, nous annonçons que nous avons décidé de saisir la commission des requêtes de la Cour de justice de la République afin que des poursuites soient engagées contre Bruno Retailleau pour incitation à la haine et manquement à ses devoirs de neutralité en tant que membre du gouvernement.
Nous saisissons également l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) concernant la diffusion en direct de ces propos sur une chaîne d’information en continu. Il est impératif que les médias assument leur responsabilité en ne servant pas de relais à des discours qui mettent en danger une partie de la population.
Nous considérons que Bruno Retailleau n’est plus digne d’exercer ses fonctions de ministre de l’Intérieur. Par ses propos irresponsables, il a manqué à son devoir de neutralité et mis en danger des milliers de citoyennes déjà exposées aux discriminations et aux violences.
Nous exigeons sa destitution immédiate et appelons à une mobilisation collective pour défendre les libertés fondamentales et le principe d’égalité.
Il est temps de dire STOP à la haine d’État.