Author: CCIE

Communiqué au sujet du lycée public français Maurice Ravel

Le 28 février dernier, un grave incident a eu lieu au lycée Maurice Ravel dans le XXème arrondissement de Paris entre une lycéenne et le proviseur à la sortie de l’établissement, alors que la lycéenne se préparait à revêtir son foulard à la sortie du lycée en enfilant d’abord un sous-bonnet. Interrompue par le proviseur qui lui somme de l’enlever, elle reçoit un coup au bras avant de pouvoir le faire. Elle porte plainte contre le proviseur qui devient alors, selon plusieurs médias français, la cible de menaces de mort sur Internet, qui ont à leur tour conduit à la démission de celui-ci. Les médias s’emparent alors de l’affaire et mettent en scène une prétendue « victoire de l’islamisme », dont le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) aurait ainsi été l’agent en publiant une vidéo où l’élève témoigne de son vécu. Retrouvez l’intégralité de notre communiqué de presse ci-dessous.

Gérald Darmanin : “Ministre de la protection des croyants” ?

« Ministre de la Protection des croyants » ? Voilà le nouveau titre que Gérald Darmanin s’est arrogé le 26 février dernier lors de la 2e rencontre du Forum de l’Islam de France. Un titre, non seulement qui sort du cadre de ses fonctions, mais Darmanin est-il vraiment un ministre qui respecte la communauté musulmane française ? Notre analyse en vidéo.

Affaire Breivik : Quand l’islamophobie tue

L’histoire d’Anders Behring Breivik, le terroriste d’extrême droite responsable de l’attaque tragique en Norvège en 2011, ressurgit alors qu’il porte plainte contre l’État norvégien, invoquant des conditions de détention qu’il estime inhumaines. Finalement, l’islamophobie n’est pas seulement une menace pour les musulmans, mais peut aussi avoir des conséquences dévastatrices pour d’autres, illustrée tragiquement par les actes de Breivik.

Julia face à l’abus de pouvoir policier

Nous partageons ici le récit poignant de Julia, une réclamante du CCIE, qui a vécu une expérience choquante lors d’un rassemblement pacifique en soutien à la Palestine. Elle nous livre un témoignage courageux sur les brutalités policières et les discriminations qu’elle a subies.

Sonder la laïcité aujourd’hui

Le 8 décembre, l’IFOP a fait paraître les résultats d’une enquête réalisée auprès des musulmans quant à la laïcité et la place des religions à l’école et dans la société. La nature même de l’enquête étonne : puisqu’il n’existe que des citoyens et que la France ne reconnaît pas les communautés, pourquoi singulariser les musulmans pour cette enquête ? Cette démarche nourrit l’idée de l’étrangeté des musulmans, considérés comme posant problème a priori. Les revendications quant à la présence de crèches de Noël dans les espaces officiels ou quant à la célébration de Hanoucca à l’Élysée même, ne suffisent pas à pousser à envisager les atteintes à la laïcité ailleurs qu’au sein des communautés musulmanes – alors que ces dernières ne demandent qu’une application juste et égalitaire du principe de laïcité. D’après l’enquête, réalisée par sondage, l’écart se creuse entre les plus jeunes générations et le principe de laïcité. Comme souvent lorsque ce principe parait au débat public, les commentateurs et éditorialistes de tout bord y ont vu la preuve du complot musulman (frériste, islamiste, séparatiste, selon les terminologies changeantes auxquelles nous a habitués le débat public français), voire du grand remplacement lui-même, coupable de subvertir depuis l’intérieur les valeurs les plus consacrées de la société française. Il semble en effet que le sondage soit accablant : près de 78% des Français musulmans « jugent l’application de la laïcité discriminatoire ». Ce constat ne leur est pas réservé : 60% des 18-30 ans, toutes confessions (ou absence de) confondues, considèrent que « la défense de la laïcité est instrumentalisée par des personnalités politiques et des journalistes qui veulent en fait dénigrer les musulmans ». Les biais méthodologiques que comporte tout sondage sont connus, qu’il s’agisse de l’imposition de problématiques ou de leur formulation même, lesquelles n’ont de cesse de valider les politiques publiques en vertu desquelles le sondage a été le plus souvent commandé. Il n’en demeure pas moins que ces marqueurs, même s’ils doivent être relativisés, sont éloquents. Encore une fois, ces jeunes musulmans ont-ils réellement un problème avec le principe de la laïcité comme beaucoup le prétendent, ou bien formulent-ils une opinion tout à fait sensée, légitime et adaptée à la réalité de l’application de la laïcité en France aujourd’hui ? Autrement dit, ces sondés ne considèrent-ils tout simplement pas, comme la sociologue Véronique Altglass, que « laïcité is, what laïcité does », c’est-à-dire que la laïcité est ce qu’elle fait : elle n’est pas une force motrice qui prédéterminerait magiquement une réponse unilatérale aux cultes, mais bien un enjeu de lutte aujourd’hui utilisé dans une perspective parfois explicitement islamophobe. Cette analyse quant à la réalité profondément discriminatoire de la laïcité telle qu’elle est mise en pratique aujourd’hui est en effet soutenue par une abondante littérature en sociologie. Cette désaffection générationnelle et communautaire à l’égard du principe de laïcité est ainsi la résultante directe de son instrumentalisation et de son travestissement, dont tous les observateurs avertis avaient prévenu du danger en amont. En faisant de la laïcité un outil de lutte contre une minorité stigmatisée ( « la laïcité offensive ») le nationalisme français a ainsi travesti l’œuvre morale et politique accomplie par la loi de 1905. Les dégâts que nous observons aujourd’hui leur sont entièrement imputables, et il nous reste à contempler le cynisme de ceux qui prétendent sauver la République et ses lois en les détournant de leur œuvre de bien commun. Loin de délaisser la (véritable) laïcité ou de s’y opposer, les musulmans de France et d’Europe cherchent à la faire respecter et à faire respecter leurs droits constitutionnels. Le Collectif contre l’islamophobie en Europe peut fièrement dire qu’il se compte parmi les derniers tenants de l’esprit de la loi de 1905. Cela l’autorise ainsi à appeler ceux et celles qui voient encore la laïcité comme une liberté, autant que l’égalité de toutes et tous face à l’État, à s’opposer à la politique anti-musulmane dont la France a fait sa marque de fabrique.

The Collectif Contre l'Islamophobie en Europe is a non-profit association based in Belgium.

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