Amine raconte la perquisition abusive que sa famille et lui ont subie et la spirale de violence dans laquelle ils ont été jetés par les services de police.
Amine raconte la perquisition abusive que sa famille et lui ont subie et la spirale de violence dans laquelle ils ont été jetés par les services de police.
Réponse au Monde : contre la légitimation d’idées complotistes et islamophobes Le Collectif Contre l’Islamophobie en Europe dénonce avec la plus grande fermeté l’article publié par Le Monde ce lundi 23 décembre, lequel donne la parole sans contradiction à Bertrand Chamoulaud, directeur de la Direction nationale du renseignement territorial. Ce texte, truffé de raccourcis idéologiques et de théories complotistes, témoigne d’une grave défaillance quant au respect des principes journalistiques fondamentaux. En se faisant ainsi le relais d’un discours paranoïaque et islamophobe, Le Monde abdique sa responsabilité d’informer avec rigueur et impartialité. Tout d’abord, l’affirmation selon “les Frères Musulmans [souhaiteraient] faire à terme de la France et de l’Europe un califat en imposant la charia” relève du fantasme d’extrême-droite le plus éculé. De tels propos, indignes d’un haut responsable de la sécurité publique, démontrent un abandon total de toute exigence factuelle au profit d’une diabolisation des musulmans. Cette rhétorique conspirationniste n’est rien d’autre qu’un instrument politique pour justifier des politiques répressives et discriminatoires à l’encontre d’une partie de la population. Le directeur du DNRT continue : “lorsque l’Etat veut rappeler les règles de la République en expulsant des imams, en gelant des avoirs ou en fermant des mosquées, vous entendez des voix qui fustigent l’islamophobie”. La fermeture de lieux de culte, le gel des avoirs, l’expulsion des imams ne sont que des exemples d’une dérive autoritaire et non d’un rappel des règles de la République. L’islamophobie n’est ni une opinion ni une exagération victimaire, mais un phénomène documenté par une littérature scientifique abondante. Nous renvoyons Bertrand Chamoulaud à ces références incontournables qu’il semble fier d’ignorer. L’article illustre par ailleurs un déséquilibre frappant dans la manière dont les actes antisémites et antimusulmans sont abordés. Alors que les premiers sont heureusement recensés et publiés avec minutie, les seconds sont déclarés « difficiles à répertorier ». Ce traitement différencié témoigne d’un refus obstiné de prendre au sérieux l’islamophobie. Le CCIE, à travers ses rapports annuels, fournit pourtant les données les plus complètes sur les actes islamophobes en Europe. En 2022, nous avons recensé 828 actes antimusulmans, soit près de trois fois plus que les 242 signalés par le ministère de l’Intérieur. Pour la période mentionnée, du 1er janvier 2024 au 21 octobre, les chiffres présentés par le directeur du DNRT sont de 143 : le CCIE recense 1096 sollicitations. Le rapport de l’Agence des Droits Fondamentaux (FRA) publié dernièrement indique également que les musulmans sont de plus en plus victimes de discriminations et de racisme (47% ont déjà été victimes de discrimination raciale, 39% de discrimination au travail, 35% pour le logement…) Ce gouffre statistique révèle l’inefficacité – voire la mauvaise volonté – des autorités françaises à documenter l’islamophobie. En dépit des appels réitérés pour une collecte de données plus rigoureuse, l’État persiste dans sa stratégie de minimisation. Les chiffres avancés par les autorités sont d’autant plus suspects qu’ils occultent la réalité des violences systémiques infligées aux musulmans, dont beaucoup choisissent de ne pas porter plainte par peur de représailles ou en raison de leur méfiance envers les forces de l’ordre. En criminalisant la pratique religieuse et la participation civile, l’État français contribue activement à cette défiance. Ainsi, l’évocation de la dissolution du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) en 2020 est présentée par Bertrand Chamoulaud comme une victoire contre l’islamisme. Cette affirmation est doublement scandaleuse. Premièrement, le CCIF était apolitique et areligieux, dédié à la défense des droits fondamentaux et à la lutte contre les discriminations. Deuxièmement, sa dissolution a été motivée par des raisons purement idéologiques, dans un contexte de surenchère islamophobe. Cette dissolution a par ailleurs été condamnée par Amnesty International, la Ligue des Droits de l’Homme, Human Rights Watch parmi tant d’autres. En supprimant un acteur clé de la documentation et de la lutte contre l’islamophobie, l’État français a délibérément choisi de fragiliser les minorités musulmanes. A ce titre, le CCIE rappelle qu’il n’est pas seul à le démontrer : de nombreux chercheurs et intellectuels ont décrit comment la lutte contre le « séparatisme » est instrumentalisée pour restreindre les libertés fondamentales. Face à cet article irresponsable, le CCIE appelle Le Monde à retrouver un minimum de rigueur déontologique et à cesser de servir de caisse de résonance aux discours paranoïaques d’une frange politique extrémiste à l’heure de la progression généralisée en Europe des courants réactionnaires et néonationalistes. Nous exigeons une couverture équilibrée et fondée sur des faits vérifiables, et non sur un parti-pris idéologique contre la présence musulmane au sein de la société française. La complicité objective entre certaines parties radicalisées de l’appareil sécuritaire et l’extrême-droite, qui partage ces fantasmes de guerre civile, constitue une menace bien plus réelle pour la cohésion nationale. Nous réitérons notre engagement à documenter et à combattre l’islamophobie, en dépit des attaques et des tentatives de dissimulation. La lutte pour l’égalité et la justice demeure au cœur de notre action, et nous continuerons à exiger des comptes aux institutions qui faillissent à leur devoir de protection et d’impartialité.
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